A plus ou moins brève échéance, un club se forme dans le sillage
de toute vedette de la chanson ; Sardou n'échappe pas à la
règle. Après plusieurs années de balbutiements, le "Club Michel
Sardou" a été repris en 1975 par le manager du chanteur, Michel
Olivier, le frère de Georges, l'organisateur des tournées. Cette
association qui réunit quelques 6400 membres à la fin de 1978,
est régie par la loi de 1971. A but non lucratif, le club est
totalement indépendant du secteur commercial de "l'industrie"
Sardou. Son activité et sa gestion sont assurées, bénévolement
par les adhérents eux-mêmes, les responsables et la partie
secrétariat étant rattachés directement au management de Michel
Sardou.
Le club vit
donc en totale autarcie. Ses sources de revenus sont assurées
par les cotisations des membres dont le montant s'élève à 30FF
fin 1978, de quoi payer les frais de papeterie, de timbres et
d'impression du journal.
Comme chaque
club qui se respecte, celui de Michel Sardou édite une revue
entièrement consacrée à sa vedette et paraissant de façon assez
sporadique, tous les trois ou quatre mois. Le "Journal de
Michel" , c'est son titre, est complété par un bulletin
ronéotypé qui apporte plus régulièrement aux membres toutes les
informations internes concernant les activités de Michel Sardou,
les dates de ses tournées, et les lieux de passages, les petites
annonces, ... Sous une présentation assez luxueuse, le journal
est plus particulièrement destiné à marquer un événement :
Olympia, ou tournée.
C'est Michel
Sardou lui-même qui assure l'éditorial par le biais d'une lettre
intitulée "Mes chers amis". Textes de chansons récentes,
témoignages du compositeur ou du chef d'orchestre de Michel,
interviews, complètent chaque numéro. La présentation d'un
nouveau chanteur de l'écurie Olivier, vient s'ajouter le cas
échéant ainsi que les petites annonces et les recettes de
cuisine préférées de Michel. Un concours est parfois organisé.
On y gagne un tee-shirt, un sac ou un carnet d'adresses, à
l'effigie de Michel Sardou. Pour cela, il convient de répondre
aux questions : "Michel avait donné trente et une
représentations à l'Olympia, oui ou non ?" ou bien : "Le surnom
du batteur de Michel est-il Zizi ?" etc...
Si l'adhésion
au club Michel Sardou procure au nouveau membre une carte
d'adhérent, un super poster en couleurs de Michel, un journal de
Michel, le bulletin du club qui donne les toutes dernières
nouvelles de Michel, et une photo dédicacée de Michel, il permet
avant tout la communication entre ses membres et c'est en fait
son rôle véritable. Grâce à lui, plusieurs milliers de garçons
et filles peuvent communiquer non seulement de ville à ville
mais entre pays différents. Michel Sardou compte en effet des
fans en Belgique, en Suisse, au Luxembourg, en Afrique, au
Liban, au Canada... Les adhérents forment une véritable chaîne,
échangent du courrier, s'invitent mutuellement, passent les
vacances ensemble. Des réunions sont même organisées; on y parle
de Michel Sardou, de ses chansons, de ses idées, et ce qu'elles
représentent, de tout ce qui peut intéresser les jeunes dans ce
dernier quart de siècle.
Bien que le
club compte des moins de dix ans et des plus de soixante, la
majorité des membres est âgée de 16 à 18 ans avec une nette
prédominance de filles (environ 80%). Le courrier reçu
quotidiennement varie entre 20 et 30 lettres avec des pointes de
100 à l'occasion de la sortie d'un disque, de l'anniversaire ou
de la fête de Michel. La proportion de déclarations d'amour est
très faible, les fans préférant s'informer sur les activités et
les projets de leur vedette ou même donner leur avis sur une
chanson.
Très vite, il
apparaît que la motivation réelle du fan est l'approche de son
idole. Pourvoir lui parler, la toucher, et le but final et
l'adhésion au club constitue la première étape. La photo
dédicacée en est la première réponse. "Michel m'a envoyé sa
photo signée, Michel me connait !".