Michel
Sardou et Jean-Claude Camus prennent la direction du Théâtre
de la Porte Saint-Martin en 2001.
Les premières années... L’Opéra de la Porte Saint-Martin voit
le jour en 1781, sur décision de la Reine Marie-Antoinette.
Sa construction par l’architecte Lenoir, fut réalisée en deux
mois ! Pour respecter la royale exigence, Lenoir a mobilisé
des centaines de compagnons et de corps de métiers, travaillant
jour et nuit. Point n’est besoin de longues phrases pour donner
la dimension de l’exploit : Première pierre le 26 août, inauguration
officielle le 26 octobre, en présence de la Reine. C’est à
Auguste Vestris, le plus célèbre danseur de l’époque, que
revint l’honneur de cette première représentation. Hélas,
douze ans plus tard, le 27 juillet 1794, la troupe lyrique
quitte les locaux pour le nouvel Opéra de la Place Louvois,
sonnant le glas de la Porte Saint-Martin.
Les années
« classiques »... Après quelques années d’oubli, l’Opéra de
la Porte Saint-Martin renaît sous le nom de Théâtre de la
Porte Saint-Martin grâce à un acteur-auteur, Dumaniant, qui
le rachète au Domaine National le 27 septembre 1802. Première
représentation : Pizarro ou la conquête du Pérou. Tout au
long du Premier et du Second Empire, le Tout-Paris s’y montrera
et applaudira des spectacles très variés. En 1831, le Théâtre
trouve enfin sa véritable vocation en devenant le temple du
Drame romantique sous la houlette du talentueux et fantasque
Harel. Le succès populaire est immense. Les auteurs connus
accourent. Les plus grands comédiens sont sur scène. Alexandre
Dumas, Victor Hugo y présentent leurs meilleures pièces devant
un public ravi. Mais l’équilibre financier fait défaut et
Harel doit jouer de toute son aura pour éviter la saisie et
continuer à monter des spectacles avec brio… Il disparaîtra
dans le dénuement et la solitude à la Maison de santé de Châtillon.
Les années
« de renouveau »... Construit en deux mois, le Théâtre de
la Porte Saint-Martin va disparaître en quelques heures dans
les flammes de la Commune de Paris. Mais après la vie, il
y a la vie… Il renaît de ses cendres deux ans plus tard, en
1873, renouant avec l’affection des parisiens pour ce lieu
mythique. Des pièces exceptionnelles furent créées au cours
des années suivantes Cyrano de Bergerac, Les Deux
Orphelines, Les Misérables, Théodora, Chanteclerc…
qui contribuèrent à la réputation de qualité des auteurs et
des comédiens français.
La première
partie du XXème siècle fut marquée par une succession de pièces
sans ton particulier, parfois opportunistes, aux succès inégaux
: Le Général Boulanger, Valses de Vienne…
On remarque Fernandel dans Ignace.
Mais à
partir des années soixante, le Théâtre de la Porte Saint-Martin
reprend une place de tout premier rang et participe au renouveau
culturel amené par les Mouvements de mai 68 : Hair,
Gospell, Mayflower y sont créés en France révélant
de nouveaux talents venus de tous les horizons de la création
artistique. De nombreux shows musicaux y furent présentés
: Carole Laure et Lewis Furey, Harlem swing (de
Fats Waller), La Petite boutique des horreurs, Ballets
Coppelia et Carmen de Roland Petit, Spectacle du
Mime Marceau, Opérettes Pacifico avec Bourvil
et avec Georges Guétary, Envoyez la musique d’Annie
Cordy, Comédies La belle Arabelle des Frères Jacques
et Francis Blanche, Qui est cette femme ? avec Roger
Pierre et Jean-Marc Thibault, Oscar avec Louis de Funès,
Pas d’orchidées pour Miss Blandish de Robert Hossein,
Ténor avec Michel Leeb, mise en scène Jean-Luc Moreau.
Le théâtre
classique trouve également sa place dans cette programmation
exceptionnelle avec les représentations des Trois mousquetaires
(Grenier-Hussenot), de La dispute (Patrice Chereau),
du Tartuffe (Roger Planchon), de L’école des femmes,
du Misanthrope, de Dom Juan (Antoine Vitez)…
La Comédie française y présente même Les femmes savantes,
Esther, Monsieur chasse, Le Dialogue des Carmélites
!
Les années
90... Les spectacles des dix dernières années ont été particulièrement
salués par la critique et le public. La liste des succès serait
longue mais mentionnons ici La peste d’Albert Camus
(deux nominations aux Molières 1990) ; Le Misanthrope de
Molière ; Célimène et le Cardinal de Jacques Rampal
(sept nominations aux Molières 1992 et deux Molières) ; Knock
de Jules Romain, dans une mise en scène de Pierre Mondy (deux
nominations aux Molières 1993).
De 1994
à 1998, le Théâtre de la Porte Saint-Martin connait toute
une série de succès : 400 représentations Qui sait tout
et Grobéta de Coline Serreau (sept nominations et quatre
Molières); Lapin-lapin, toujours de Coline Serreau
(six nominations aux Molières 96, un Molière) ; Master
Class, de Terrence McNally dans une mise en scène de Roman
Polanski (quatre nominations aux Molières 97) ; Bertrand Blier
crée Les côtelettes dans une mise en scène de Bernard
Murat (trois nominations aux Molières 1998) ; Une journée
particulière d’Ettore Scola puis Le bel air de Londres
de Dion Boucicaut (six nominations et un Molière 1999).
Les années
2000... Le siècle s’achève tandis que le Théâtre de la Porte
Saint-Martin présente Un fil à la patte de Georges
Feydeau dans une mise en scène d’Alain Sachs (trois nominations
aux Molières 2000).
Cette même année, Francis Huster joue J’adore la vie
d’Octave Mirbeau puis reprend La peste.
L’ultima récital (Molière 1999 du Meilleur spectacle
musical) clôture cette fin d’année de façon éblouissante et
fin 2000, Jean-Louis Grinda et Claire Servais reprennent la
célèbre comédie musicale Chantons sous la pluie.
Avec l’arrivée,
en 2001, de Michel Sardou à la direction du théâtre accompagné
dans cette aventure de Jean-Claude Camus, la Porte Saint-Martin
renoue avec la tradition des artistes-directeurs. Après une
rénovation importante des locaux pour mieux accueillir artistes
et public, la création de structures de restauration et d’accueil
dignes de cet établissement, Michele Laroque et Pierre Palmade
triomphent dans Ils se sont aimés, puis cèdent la place
à Claude Brasseur pour Conversations avec mon père de
Herb Gardner.
En septembre
2002, Michel Sardou et Brigitte Fossey créent L’homme en
question dans une mise en scène de Jean-Luc Tardieu sur
un texte de Félicien Marceau.
Ils prolongent
par cette nouvelle création, la grande tradition de la comédie
au Théâtre de la Porte Saint-Martin.
Durant
toute l’année 2003 le Quatuor joue avec succès Sur la Corde
Rêve (Molière 2003 du Meilleur spectacle musical). En janvier
2004, Pierre Mondy et Catherine Rich présentent Le Sénateur
Fox d’après Luigi Lunari dans une mise en scène de Jean-Luc
Tardieu.